Vous êtes une vérole…

10 12 2009

«[…] Il est même de première importance que le malade sache qu’il ne peut compter sur aucune consolation venant de ces vaches. La consolation, elle vient du ciel, ou de soi-même. Les infirmières font les piqûres, amènent les médicaments, à l’heure dite, un point c’est tout. Bien content quand elles ne se gourent pas. Ca m’est arrivé trois fois dans le mois.
Parfois on peut trouver un éclair de compréhension dans le fada qui lave le parquet ou les carreaux. L’interne, le chef de clinique, c’est comme les petites élèves ; vous ne comptez pas pour eux, vous êtes invisible, abstrait. Ce que vous êtes, c’est une vérole, un pneumo, une cirrhose, un néo, de l’œdème, un hémi-Parkinson. […]
Devant un lit, il [le grand patron d’un service hospitalier]  regarde le foie, le gésier, la radio du bonhomme mais le bonhomme lui-même, jamais. J’avais écrit dans mon journal : "On tirerait plus de fraternité humaine d’un SS conduisant des Juifs à la chambre à gaz que d’un patron suivi des ses élèves mis en présence d’un entrant." […]»

Albert Paraz, Le gala des vaches, 1948, Editions L’Age d’Homme.


Encore vrai aujourd’hui, je confirme !


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